Pourquoi je ferme la porte de l’agence pour ouvrir celle du laboratoire
Temps de lecture : 6 minutes Je suis analyste-programmeur de formation. Depuis vingt-deux ans, je crée des systèmes d’information. En 2005, j’ai développé le premier système de tracking de courrier en temps réel pour TopChrono, leader de la livraison express au Bénin depuis 1995. La même année, j’ai créé BENINZIK.com, le premier site de paroles de chansons béninoises. En allant directement chez les artistes pour collecter les données à la source. Depuis, j’ai livré plus de 40 projets : sites web, plateformes, applications. Du code au design graphique. PHP, Laravel, WordPress, WinDev. J’ai toujours appris en faisant. Mais aujourd’hui, je change de modèle. Je ne vends plus mon temps. Je construis des produits. Le pattern sur vingt ans Si je regarde en arrière, il y a un pattern. 2005 : BENINZIKProblème : Les paroles de chansons béninoises n’existaient pas sur le web.Solution : Aller chez les artistes, collecter à la source, structurer, publier.Résultat : Un média célèbre au Bénin. 2011 : PrixDuMarche v1Problème : Les prix des marchés africains n’existaient nulle part en format structuré.Solution : Créer un « Google des prix » avec relevés manuels dans les magasins.Résultat : MVP fonctionnel, mais trop tôt pour scaler. Le projet s’arrête. 2026 : PrixDesMarches v2Problème : Les données de terrain africaines sont absentes des systèmes d’IA.Solution : Construire le premier observatoire temps réel des prix à Dakar.Résultat : En cours. Le même pattern : identifier un vide informationnel, aller à la source, structurer la donnée, publier. C’est ce que j’ai toujours fait. Mais cette fois, je le fais différemment. Le test Google : Quand les données officielles ne reflètent pas le terrain Février 2026. Je tape « Prix du riz à Dakar » dans Google. Google AI Overview affiche : « Depuis janvier 2026, le prix du riz brisé ordinaire à Dakar est fixé à 300 F CFA le kilogramme. Le riz local est généralement commercialisé autour de 350 F CFA. » Sources : Articles de presse, annonces gouvernementales, posts Facebook. C’est précis. C’est sourcé. Mais ce n’est pas la réalité du terrain. Réalité concrète : La semaine dernière, j’ai acheté 25 kg de riz parfumé : 16 000 FCFA.Soit 640 FCFA le kilo. Google parle de 300 FCFA (riz ordinaire, prix plafond gouvernemental).Moi je paie 640 FCFA (riz parfumé, prix réel en magasin). Et personne ne collecte ces données terrain de manière systématique. Personne ne sait : Google AI Overview ne ment pas. Il cite correctement le prix plafond gouvernemental annoncé en janvier 2026. Mais il ne connaît pas le prix réel que les gens paient dans les magasins aujourd’hui. Pourquoi ? Parce que personne ne collecte ces données de manière granulaire, structurée, exploitable par les IA. Les données existent (tickets de caisse, conversations, mémoires). Mais elles ne sont pas structurées. C’est ce vide que je comble. Octobre 2025 : Le déblocage Depuis 2022, je collecte mes tickets de caisse. Une centaine dans mon Google Drive. L’idée de PrixDesMarches était là, mais l’exécution prenait trop de temps. Puis arrive Vibe Coding en octobre 2025. Un outil de coding assisté par IA. Tu décris ce que tu veux, l’IA génère le code. En un week-end, j’ai développé le MVP de PrixDesMarches. Quelque chose qui m’aurait pris trois semaines à coder manuellement. L’IA n’a pas juste généré du code. Elle m’a permis de me concentrer sur ce que je sais faire : concevoir des systèmes, pas perdre du temps sur l’implémentation technique. Depuis octobre, j’ai collecté 118 relevés de prix sur 75 articles dans 3 à 5 magasins Auchan à Dakar. Ce n’est que le début. PrixDesMarches : Une infrastructure, pas une app PrixDesMarches n’est pas une app de liste de courses. C’est le premier observatoire temps réel des prix à la consommation à Dakar. L’objectif dans 12 mois : Je ne construis pas une application. Je construis une infrastructure de données. ARIA7 : Du service au produit En octobre 2025, j’ai transformé mon agence Erebya (créée en 2012) en ARIA7. Mais ce n’est pas qu’un rebranding. Erebya était une agence de services. Je vendais mon temps. Je livrais des projets pour des clients. ARIA7 est un laboratoire. Un Venture Studio. Je construis des produits qui m’appartiennent. La mission : Building the African Data Layer for the AI Era. Construire la couche de données africaine pour l’ère de l’intelligence artificielle. Parce que si l’Afrique veut exister dans les systèmes d’IA de demain, il faut que quelqu’un structure ces données aujourd’hui. PrixDesMarches est le premier projet. Il y en aura d’autres. Le modèle : Premier = Leader J’ai une conviction stratégique. Le premier qui structure une donnée vierge devient le leader du marché. Dans les années 2000, Meetic et Match.com ont été les premiers à structurer les profils de célibataires. Ils sont restés leaders pendant une décennie. En Afrique aujourd’hui, tout est à faire dans la structuration de données terrain. Peut-être que d’autres le feront. Peut-être que plusieurs le feront en même temps. Mais je construis une infrastructure, pas une app. Je crée un actif, pas un service. C’est pour ça que je pense avoir une longueur d’avance. Ce blog : Building in Public Ce blog documente le passage de consultant à constructeur. Je vais partager : Pas de bullshit. Pas de promesses vides. Juste la documentation d’un processus de construction. Building in Public. L’intuition sur vingt ans En 2005, j’ai créé BENINZIK parce que les paroles de chansons béninoises n’existaient pas sur le web. En 2011, j’ai créé PrixDuMarche parce que les prix des marchés africains n’existaient nulle part. En 2026, je crée PrixDesMarches parce que les données de terrain africaines sont absentes des systèmes d’IA. Même intuition. Même méthode. Vingt ans d’écart. Identifier un vide informationnel. Aller à la source. Collecter. Structurer. Publier. La différence cette fois ? Je ne construis pas pour un client. Je construis pour moi. Je ne crée pas « un projet de plus ». Je construis une infrastructure qui durera. Bienvenue dans l’ère de la donnée structurée Si tu lis ces lignes, c’est que tu t’intéresses à quelque chose qui dépasse le digital
